Comment enlever un bouchon de cérumen ?

Le cérumen est aussi appelé « cire de l’oreille ». Il a pour fonction de nettoyer et de lubrifier le conduit auditif, et il s’écoule naturellement par l’orifice du canal dans le pavillon de l’oreille.
Sous l’influence de facteurs externes comme internes, il arrive que le cérumen ne puisse être éliminé correctement. Il risque alors de se former un bouchon de cérumen. Il peut occasionner une perte de l’audition et provoquer des bourdonnements, des douleurs, des vertiges…
Ces symptômes disparaissent en général sans complications dès la résolution du blocage. Il faut donc éliminer le bouchon de cérumen et, par la suite, prévenir son apparition. Pharma GDD fait le point sur la question et vous donne ses conseils pour prendre soin de vos oreilles.

Qu’est-ce que le cérumen ?

C’est sans doute à sa texture cireuse qu’il doit son nom : étymologiquement, « cérumen » vient du mot latin cera, la cire. Son aspect rebutant ne présage en rien d’une pathologie : la production de cérumen est un phénomène parfaitement naturel et normal.

Le cérumen est sécrété dans le dernier tiers du canal auditif externe – aussi appelé conduit auriculaire. Ce canal relie le tympan au pavillon de l’oreille. Il est osseux sur les deux premiers tiers en partant du tympan, et cartilagineux sur le dernier. Il est intégralement recouvert de peau, qui crée des cellules mortes par desquamation lorsqu’elle se renouvelle.
C’est dans le dernier tiers – la partie cartilagineuse – que le cérumen est produit par des glandes qualifiées de « cérumineuses ». Il se mêle alors au sébum généré par les glandes sébacées.

Le cérumen sert à lubrifier le conduit auditif, prévenant ainsi son dessèchement. Il a également une fonction protectrice, empêchant la poussière, les insectes et autres souillures d’atteindre le tympan et de l’endommager. Légèrement acide, il a des propriétés anti-microbiennes. Imperméable, il évite au conduit auriculaire de macérer. Par contre, il n’a aucune influence sur les sons, contrairement à ce que l’on a longtemps pensé.

Le cérumen est constitué d’un mélange de cellules mortes, de poils, de minéraux, d’acides aminés, de corps gras, d’acide salicylique, d’acide hyaluronique et d’enzymes.

Après avoir été sécrété par les glandes, il migre lentement (de l’ordre de 2 mm par mois) dans le conduit auditif sous l’effet des mouvements de la mâchoire, se chargeant en débris avant d’être extrudé dans la conque du pavillon de l’oreille.

Comment se forme un bouchon de cérumen ?

Il peur arriver que le cérumen ne s’écoule pas normalement du conduit auriculaire. Il est alors la cause de ce que l’on appelle un « bouchon de cérumen », aussi appelé « bouchon de cire » ou « bouchon d’oreille ». Les causes d’un tel phénomène sont multiples. Elles font intervenir des facteurs internes comme externes.

- La surproduction :
Pour des raisons génétiques ou environnementales, certaines personnes produisent du cérumen en trop grande quantité. Ainsi, les personnes travaillant en milieu poussiéreux fabriqueraient du cérumen en excès pour tenter d’évacuer la poussière. Il en va de même avec l’exposition excessive du conduit auriculaire à l’eau : elle entraînerait le même processus.
L’hypertrophie des glandes productrices est une autre explication. Le stress et l’anxiété conduiraient également à une surproduction. Le port de prothèses auditives ou de bouchons d’oreilles est souvent présenté comme une autre cause de trop grande fabrication de cérumen.
C’est son accumulation qui pourrait conduire à la création d’un bouchon de cire.

- Le défaut d’élimination :
Des particularités anatomiques expliquent parfois la mauvaise évacuation du cérumen et l’apparition d’un bouchon : un conduit auditif étroit (fréquent chez les enfants) ou sinueux, la présence d’une excroissance osseuse dans le canal… Une trop grande pilosité dans le conduit auriculaire peut également retenir le cérumen et gêner son trajet, créant le bouchon.

Avec l’âge, les glandes produisent un cérumen plus sec, dur, difficile à évacuer. Cumulé à l’accroissement de la pilosité survenant avec le vieillissement, cela contribue à expliquer l’apparition de bouchons d’oreilles chez les personnes âgées.

Mais la première cause de la création d’un bouchon de cérumen reste le bâtonnet ouaté, ou coton-tige. Le cérumen étant chargé du nettoyage du conduit auditif externe, l’usage d’un coton tige pour tenter de le supprimer ne fera que créer des irritations inutiles et surtout potentiellement générer des bouchons. En effet, le coton-tige risque de repousser le cérumen plus que de l’enlever, ce qui a pour conséquence de le « tasser » et ainsi de former un bouchon. C’est la raison pour laquelle il est généralement fortement déconseillé par les oto-rhino-laryngologistes.

Quels sont les symptômes d’un bouchon de cérumen ?

Les signes de la présence d’un bouchon de cérumen sont habituellement une baisse de l’audition, une sensation d’oreille bouchée, des acouphènes et des bourdonnements. Des démangeaisons et des douleurs peuvent également survenir.
L’équilibre peut être touché, le bouchon occasionnant des vertiges lorsqu’il exerce une pression contre le tympan.
 
Le bouchon d’oreille peut déclencher la toux et même avoir des conséquences cardiaques en activant un rameau du nerf vague. Il s’agit d’un nerf crânien aussi appelé nerf pneumogastrique. Il se divise en branches, qui se subdivisent en rameaux. L’un de ces rameaux, le rameau auriculaire, participe à l’innervation du conduit du même nom. Le bouchon, une tentative d’extraction du bouchon, l’utilisation d’un coton-tige ou même l’examen avec otoscope peuvent stimuler ce rameau. Cette activation va alors déclencher une toux, des vomissements, un ralentissement du rythme du cœur, voire une dépression cardiaque.

Le bouchon de cérumen génère parfois un effet Larsen (sifflement aigu) chez les porteurs d’appareils auditifs par renvoi du son vers l’appareil.

Enfin, en bloquant la vue du médecin, le bouchon de cire l’empêche de mener convenablement son examen du tympan.

Ces effets sont temporaires et disparaissent après élimination du problème. Par contre, si le bouchon n’est pas traité, il engendre un état favorable aux infections, en particulier l’otite externe.

Retirer un bouchon de cérumen.

Il est vivement déconseillé de tenter de retirer un bouchon d’oreille à l’aide d’un coton-tige ou d’un instrument improvisé (clef, tige, stylo, trombone…).
De même, le « remède de grand-mère » consistant à verser de l’huile d’olive ou de l’huile pour bébé dans le conduit auriculaire pour déboucher une oreille est à éviter : il pourrait provoquer une dermatite.

Des solutions auriculaires sont disponibles en pharmacie. Elles sont présentées comme étant capables de détruire les bouchons de cérumen. Elles sont parfois indiquées en préparation de l’intervention du médecin et aident à l’évacuation de morceaux du bouchon d’oreille après sa fragmentation.

Il en existe de deux grands types : les solutions à base d’eau de mer et les solutions céruménolytiques.
- Les solutions à base d’eau de mer sont à privilégier pour l’hygiène et la prévention des bouchons d’oreille.
- Les solutions céruménolytiques (qui lysent le cérumen, qui le dissolvent) se séparent en deux catégories : celles comprenant un agent qui va rompre les liaisons internes au bouchon, le fragmentant ; et celles qui vont ramollir et lubrifier le cérumen, facilitant ainsi son expulsion notamment après un rinçage à l’eau tiède à l’aide d’une poire auriculaire.

Il est impératif que le tympan ne soit pas percé avant d’utiliser une solution auriculaire contenant des agents émollients ou céruménolytiques.

Enfin, les bougies auriculaires sont une technique ancienne à laquelle on prête des vertus contre les bouchons de cérumen. Le principe est simple : une bougie en cire d’abeille et en toile naturelle est disposée dans l’oreille. L’augmentation de la température fluidifierait le cérumen, favorisant son élimination. Ces bougies auraient également un effet relaxant et détoxifiant.

Si, malgré tout, le bouchon de cire persiste ou si une perforation du tympan limite l’usage de solutions auriculaires, l’intervention du médecin s’avère nécessaire. Le praticien a plusieurs méthodes à sa disposition :

- L’élimination mécanique
Le médecin recourt à des instruments spécialisés (micropince, curette, anneau de Trautmann, système d’aspiration…) en réalisant la manœuvre sous otoscope.

- L’irrigation
Le médecin peut aussi irriguer l’oreille pour émietter le bouchon de cérumen, à l’aide d’une seringue ou d’un appareil spécial envoyant de l’eau tiède.

Ces méthodes sont parfois réalisées après application d’une solution auriculaire.

 

Prévention : comment se nettoyer les oreilles ?

Certaines personnes étant sujettes à la formation de bouchons de cérumen, elles doivent prendre des mesures pour éviter leur apparition. Une bonne hygiène de l’oreille est indispensable. Elle peut passer par l’usage de solutions auriculaires à base d’eau de mer. Il convient surtout de réserver le coton-tige au nettoyage du pavillon de l’oreille et de préférer l’usage du cure oreille ou de l’oriculi pour ne pas pousser le cérumen dans le fond de l’oreille.  

Enfin, les oreilles de bébé doivent faire l’objet de soins particuliers. Le cérumen nettoyant naturellement le conduit auditif, inutile là encore de faire pénétrer un coton-tige dans le conduit auditif. Et comme ce canal est plus court chez l’enfant, le risque de perforation du tympan est accru.
Le coton-tige classique est donc à exclure, et ce, même pour le nettoyage du pavillon. Chez le tout-petit, le cartilage qui le constitue est encore fragile et le passage du coton-tige pourrait l’endommager. Mieux vaut utiliser un linge humide ou imbibé de sérum physiologique, ou un produit adapté, comme les cotonnettes ou les coton-tiges sécurisés pour bébés.