Incontinence urinaire : causes et traitements ?

La miction est le terme qui désigne l’évacuation des urines rendue possible grâce au relâchement du sphincter de la vessie grâce à la contraction de son muscle.
On peut donner comme définition à l’incontinence urinaire le fait de perdre accidentellement ou involontairement de l’urine le jour ou la nuit. Ce problème, encore tabou, de « fuites urinaires » est fréquent et augmente avec l’âge. Les hommes comme les femmes sont concernés et quel que soit l’âge. Les femmes sont plus touchées que les hommes. C’est un problème qui a différentes causes et il y a plusieurs types d’incontinence. A chaque gêne ressentie il est important de proposer une solution et d’améliorer le quotidien de chacun. Pharma GDD lève donc le voile sur les causes et les types d’incontinence, leurs traitements et vous aide à choisir les protections urinaires les plus adaptées.

Les causes de l’incontinence

Les deux sexes ne sont pas égaux face à l’incontinence et les femmes représentent aujourd’hui les 3/4 des personnes touchées par ce problème.

L’incontinence urinaire chez la femme

Les femmes sont plus touchées que les hommes par l’incontinence urinaire. Cette inégalité s’explique en partie par les impacts physiologiques dus à la grossesse, à l’accouchement et à la ménopause. En effet, le périnée de la femme subit une détérioration lors des grossesses et de l’accouchement. Il est particulièrement mis à rude épreuve si le bébé dépasse les 4 kilogrammes. Plus le périnée est sollicité durant l’accouchement et plus grande est la probabilité d’être touchée par l’incontinence d’effort. Elle survient aussi après des grossesses multiples ou rapprochées ou accouchement difficile ayant eu recours au forceps ou à la ventouse.
La ménopause, une des causes de l’incontinence féminine, engendre des modifications hormonales qui sont responsables d’une atrophie vulvovaginale et de la muqueuse urétrale, d’une diminution des sensations au niveau du sphincter diminuant ainsi l’efficacité du mécanisme sphinctérien et de support de la vessie et de l’urètre. L’activité sportive et professionnelle peuvent également être une cause de l’incontinence urinaire chez la femme car lié avec l’état du périnée. Le port de charges lourdes ou encore la pratique de sports où de fortes poussées abdominales sont répétées peuvent conduire à des fuites urinaires comme l’athlétisme (sauts de haies, hauteur), la gymnastique (acrobaties, trampoline, barres asymétriques), le volley-ball, l’équitation ou encore les sports de combat. Ce sont des activités sportives qui créent des forces verticales plus importantes que d’autres.

L’incontinence urinaire chez l’homme

La morphologie masculine explique que les hommes soient moins concernés par l’incontinence urinaire. L’urètre est plus long que chez la femme et la présence autour de la glande prostatique qui, augmentant de volume, empêche l’écoulement des urines et défavorise une éventuelle incontinence urinaire. Chez le sujet de plus de 50 ans, une prostate ayant augmentée de volume est responsable des causes d’obstruction à l’écoulement des urines. Cet adénome de la prostate provoque des mictions à jet urinaire faible, nécessitant d’être exécutées en deux fois. La fin de miction s’accompagne de quelques gouttes d’urine non contrôlées. L’incontinence urinaire chez l’homme est liée à une hyperactivité de la vessie induite par une hypertrophie de la prostate.
Elle intervient aussi après une chirurgie pour un adénome ou un cancer de la prostate.

L’incontinence urinaire des personnes âgées

La part des personnes incontinentes chez les personnes âgées est très importante. 30 % des personnes âgées de plus de 75 ans sont touchées par ce phénomène. La cause principale réside en l’appauvrissement en fibres musculaires des sphincters de la vessie. Cela correspond à une dégénérescence naturelle liée au vieillissement, en effet la morphologie est modifiée et l’abondance de la sécrétion d’urine (diurèse) et des capacités locomotrices aussi. Le sujet âgé a une sensation de besoin qui diminue liée avec l’altération des fonctions de perception ou de décision qui diminuent. Les troubles moteurs peuvent y participer, la difficulté de se rendre rapidement aux toilettes, le changement d’environnement, l’alitement prolongé suite à une maladie en sont également des causes.

Enurésie

Il s’agit d’une incontinence urinaire intermittente qui survient uniquement durant le sommeil chez un enfant âgé de plus de 5 ans. Cette perte urinaire nocturne survient lors de mictions involontaires ou inconscientes. Le cas le plus fréquent correspond à un enfant qui n’a jamais été propre plus de 6 mois à suivre. Elle peut être consécutive à un événement déclenchant dans son quotidien et elle affecte davantage le petit garçon que la petite fille. Elle peut persister jusqu’à l’adolescence chez certains.

Les différents types d’incontinence

Le système urinaire dysfonctionne et cela peut se manifester selon plusieurs processus :

L’incontinence urinaire d’effort

L’incontinence urinaire d’effort est le type d’incontinence le plus courant et bénéficie d’une prise en charge efficace. Elle correspond à des fuites vésicales provoquées par un affaiblissement des muscles pelviens. Différents facteurs en sont responsables, comme la toux, les éternuements, le rire, le port d’objets lourds ou tout geste provoquant une contrainte ou une pression sur la vessie laissant s’échapper l’urine. Elle n’est pas précédée de l’envie d’uriner. Ce sont les femmes les plus touchées par cette incontinence urinaire d’effort.

L’incontinence urinaire par impériosité

Cette fuite urinaire est précédée d’un besoin urgent et incontrôlable d’uriner, cela survient au repos, la nuit, en dehors de tout effort.
L’incontinence par impériosité peut également être prise en charge efficacement. Celle ci est causée par des nerfs lésés qui transmettent l’ordre à la vessie de se contracter même si elle n’est pas pleine. La personne a un besoin fréquent d’aller uriner sans que cela soit nécessaire. Elle provoque des réveils nocturnes car l’envie est augmentée. Elle touche plus les hommes que les femmes, les personnes âgés aussi mais ne fait partie du processus normal de vieillissement. Cette forme d’incontinence urinaire est aussi observée après une cystite aiguë ou une pyélonéphrite aiguë ou encore un cancer de la vessie.

L’incontinence mixte

L’incontinence mixte combine l’incontinence urinaire d’effort à l’instabilité vésicale. C’est celle qui prédomine chez les personnes âgées. Elle se manifeste par des fuites à l’occasion d’un besoin auquel on ne peut résister. Les fuites urinaires peuvent être abondantes et extrêmement gênantes.

L’incontinence urinaire par regorgement

C’est la forme la plus fréquente chez l’homme et elle est due à une perte d’urine secondaire à une rétention d’urine chronique. Vous avez beau aller aux toilettes régulièrement, vous avez cette impression de ne jamais vider la vessie complètement. C’est le résultat d’une obstruction de l’urètre, canal qui permet d’évacuer l’urine de la vessie. C’est souvent dû à une augmentation de la taille de la prostate ou alors d’une pathologie spécifique à l’urètre. On parle ici de dysurie, c’est à dire avoir des difficultés à uriner, souvent être obligé de forcer et obtenir une miction lente.

Les traitements de l’incontinence urinaire

Rééducation

Cette rééducation nécessite la totale coopération du patient afin d’optimiser les résultats. La rééducation périnéale est une gymnastique des muscles pelviens.
Elle peut se pratiquer seule à la maison grâce à nouveau procédé : le pelvix Concept qui s’adresse aux femmes désirant préserver leur périnée de troubles tels que l’incontinence urinaire, le prolapsus génital ou encore des douleurs pelviennes.
A leur cabinet, le kinésithérapeute ou la sage-femme, vont provoquer des contractions volontaires maximales très rapides des muscles pelviens afin de relancer leur tonicité. Ils peuvent utiliser une sonde vaginale, du type St-Cloud Plus Cefar  qui permet la rééducation uro-gynécologique par électrostimulation. Elle va occuper une place importante dans les cas d’incontinence urinaire d’effort et par impériosité. Il est important de réapprendre à utiliser correctement les muscles de son périnée tout en développant sa musculature. Son but est de renforcer les muscles du sphincter urétral et des muscles du périnée qui constitue le plancher pelvien. La rééducation périnéo-sphinctérienne peut être prescrite dans les cas d’incontinence par impériosité ou mixte associée à un traitement comportemental. Celui-ci ayant pour but d’adapter la consommation de liquides et de reprogrammer les mictions afin de réduire petit à petit les allers et venues aux toilettes. En France, des séances de rééducation périnéale sont prescrites après un accouchement, en prévention.

Médicaments

Les médicaments pour incontinence urinaire peuvent être proposés en première intention ou alors après l’échec du traitement comportemental.
Seules l’incontinence par impériosité et mixte bénéficient de traitements efficaces pour enrayer le phénomène. Leur but étant de réduire la fréquence mais également le volume des fuites urinaires de jour comme de nuit.
Le rôle de ces médicaments est de bloquer les récepteurs de la vessie afin de diminuer ses contractions. Ce sont des antispasmodiques (anticholinergiques) qui agissent sur le contrôle du tonus de la vessie. Ils ne peuvent être obtenus que sur prescription médicale.

Chirurgie

Lorsque la cause de l’incontinence urinaire est connue et qu’elle n’est pas améliorée par la rééducation périnée-sphinctérienne et comportementale, ni par les médicaments, on peut avoir recours à un traitement chirurgical. Il est soumis à un bilan et avis d’un urologue ou d’un gynécologue obstétricien.
La bandelette est la solution pour l’incontinence urinaire d’effort. Elle est introduite par voie vaginale nécessitant une courte hospitalisation. Elle est placée sous l’urètre (implant de renfort) permettant de pallier au mauvais fonctionnement du système ligamento-musculaire assurant la fermeture du canal de l’urètre. Il y a aussi les ballons ajustables qui vont comprimer l’urètre à la sortie de la vessie, des injections péri-urètrales d’agents comblants ou encore la mise en place d’un sphincter urinaire artificiel.
Lorsque la vessie est hyperactive, il peut être proposé la mise en place d’une neuromodulation des racines nerveuses sacrées (courant électrique appliqué près d’un nerf qui participe à la commande de la vessie et du sphincter de l’urètre) ou alors des injections de toxine botulique dans le muscle vésical qui vont permettre de ne plus avoir de fuites d’urine ni d’envies urgentes.

Les différentes protections urinaires : type et critères de choix

L’incontinence urinaire affecte la qualité de vie et l’estime de soi, il est donc important de trouver les réponses appropriées en ce qui concerne les protections répondant à chaque désagrément.

Protections anatomiques

Les fuites urinaires sont souvent dues à un affaiblissement des muscles du plancher pelvien qui perd de son élasticité. Elles apparaissent au cours de gestes du quotidien et il existe des protections anatomiques discrètes afin de se prémunir de ces désagréments. Elles s’adressent aux patients autonomes souffrant de pertes de petit volume. Elles se glissent dans vos sous-vêtements classiques, vous permettant d’exercer vos activités quotidiennes et permettent de se rendre aux toilettes sans souci. Ces protections anatomiques se glissent dans un slip ou un filet.

Notre sélection :

Slips absorbants

Les slips vous garantissent une discrétion, autant chez l’homme que chez la femme, et s’enfilent facilement et vous protègent de ces fuites urinaires. Ils sont dotés d’une taille large à élastiques pour plus de confort et de maintien. Ils possèdent un système anti-odeurs, préservent des rougeurs et des irritations. Vous trouverez sur Pharma GDD ces slips absorbants destinés aux personnes autonomes perdant des quantités plus importantes mais qui permet d’aller aux toilettes au gré de ses envies.

Notre sélection :

ID Innofit

Les protections ID Innofit permettent d’absorber les fuites urinaires modérées à sévères tout en offrant une discrétion absolue grâce à l’absence de plastique à l’extérieur. Ils s’ajustent parfaitement à la physionomie du patient pour épouser les contours de son bassin. C’est un bon compromis entre le change complet et le slip absorbant car il peut convenir aux personnes autonomes ou alitées selon le mode de fixation des attaches.

Change complet

Lorsque l’incontinence est importante, par impériosité dans la plupart des cas, des changes complets existent pouvant absorber de grande quantité d’urine et correspondent à des personnes alitées, en maison médicalisée ou alors à domicile. Le port de ces changes complets facilite le travail des soignants ou des aidants. Ces changes se déclinent sous différentes tailles avec des niveaux d’absorption pouvant aller de 3600ml à 4100ml. Ils sont particulièrement adaptés à une utilisation nocturne permettant au patient de ne pas se soucier de son change jusqu’au réveil.

Notre sélection :

En complément de ces changes complets, des couches droites de protection peuvent être utilisées seules, car elles sont intraversables, ou à insérer à l’intérieur des couches pour adultes, qui elles sont traversables, afin d’augmenter la capacité d’absorption (Exemples : ID Rectangular couche traversableID Rectangular intraversableConfiance Protect protections droites).

Equipement de lit

Afin de protéger les assises et la literie lors d’incontinence urinaire sévère chez le patient à domicile ou en structure, il existe des dispositifs en plus des protections urinaires comme les alèses, les protections de fauteuil ou les draps houses à usage unique... Elles permettent de protéger le support et s’utilisent en se posant directement dessus.

Soin de la peau

Enfin l’incontinence urinaire crée un milieu humide propice à la prolifération des bactéries pouvant attaquer la peau et l’infecter. Il est donc important d’apporter un soin particulier à l’aide de différents soins spécifiques adaptés à la peau.

Notre sélection :


L’incontinence urinaire n’est pas tabou et il est important d’en parler le plus tôt possible, dès les premiers symptômes, afin de trouver les solutions les plus appropriées après une consultation chez votre médecin. Ensemble vous trouverez la réponse qui vous correspond et améliorera votre quotidien. Des protections existent et correspondent aux différents stades d’incontinence. Veillez à ne pas trop boire de café et de thé, à pratiquer une activité sportive sans à-coups comme la marche, la natation et de ne pas boire beaucoup après 17h.


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